Le château de Roussillon est situé à une dizaine de kilomètres au Nord de Cahors à 1 km à l’Est de Saint-Pierre Lafeuille.
Construit du XIIIe au XVe siècle, il comportait 8 tours, 3 corps de logis, une chapelle et un cloître.
Ce fût une forteresse doublée d’un château d’agrément.

Démantelé au début du 19e siècle, ses pierres ont été vendues
pendant des années pour construire les maisons des environs.
Depuis 1958 ses propriétaires actuels ont entrepris sa restauration.

Origine :

La forteresse que nous voyons actuellement a été vraisemblablement édifiée sur des vestiges plus anciens.
Si l’on en croit Guillaume Lacoste, il aurait été une place forte du Duc de Waïffre, duc d’Aquitaine, dans la guerre qui l’opposa à Pépin le Bref au VIIIe s.

XIIIe s. :

Ce château médiéval a appartenu aux Roussillon, famille dont il tire vraisemblablement son nom. Roussillon qui s’orthographie quelquefois Roussilhe dans les documents anciens, peut aussi vouloir dire « terre brûlée » ; il ne faut pas oublier que nous sommes ici dans la région des Causses, terre aride par excellence.

XIVe s. :

Au XIVe s. la seconde guerre de Cent Ans oppose Français et Anglais. Raymond d’Antéjac, seigneur de Roussillon, reconnaît au roi d’Angleterre des droits à la couronne de France. Il ouvre son château aux Anglais en 1355.

XVIe s. :

Il devient une place forte du protestantisme, les seigneurs qui l’occupent ayant épousé la cause des Réformés pendant les guerres de religion qui marquèrent le siècle.

XVIIe s. :

Jean III de Gontaud-d’Oriolle reçus en 1632, le roi Louis XIII qui, lors d’un voyage à Toulouse fit étape à Roussillon pour y déjeuner.

XVIIIe s. :

En 1728, Antoine-Françaois de Gontaud-Cabrerets qui possède, outre Roussillon, la château de Cabrerets où il préfère résider, afferme la seigneurie. En 1730, il lègue ses biens ; Roussillon est maintenu en fermage ; la Chambre de Madame (aujoud'hui salle de récéption) est divisée en trois pièces par des cloisons pour servir de logement aux fermiers.
Un inventaire de 1730 fait état «  d’un reste de poêle à frire, d’un buffet à quatre ouvrants fort usé, de sept chaises dépaillées entièrement ruinées, d’une petite table de bois de noyer à quatre pieds qui paraît y avoir eu un tiroir, fort vieille et tombant en poussière »

Si le Château lui-même est en ruines, les terres de l’environnement constituent une source de richesse. Le mamelon que domine la vieille forteresse est couvert de vignes. Un document de 1766 nous apprend qu’on y récolte « du vin de table et du vin noir pour l’étranger » et « qu’il faut faire attention que le vin de Roussillon est d’une qualité bien supérieure à celui de Cabrerets ».
Le 18 juin 1748, il est envoyé par courrier à M. le Duc de Biron : quatre perdrix, deux douzaines de truffes, vingt et une boîtes de lapins.

XIXe s. :

On voit donc que dès le début du XVIIIe s. Roussillon a déjà perdu ses fastes. Délaissé par les seigneurs, il ne représente plus un symbole de puissance ; aussi au moment de la Révolution n’est-il pas victime de la vindicte populaire. Mais sa ruine est définitive lorsqu’au début du XIXe s. les héritiers du Maréchal de Gontaud-Biron le cèdent à l'intendant de la propriété qui le démantèle systématiquement pour vendre les pierres qui serviront à construire les maisons des villages des environs. En 1958, les propriétaires actuels l’acquièrent et en entreprennent la restauration. A cette époque, le château est enterré jusqu’au niveau du premier étage et parfois même du second par des décombres faits de terre et de pierres ; on peut à peine deviner son architecture ; les travaux de déblaiement pour le sortir de sa gangue ont duré dix-neuf ans.

 

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